Samedi 19 mars 2011
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Je reviens à mes sources, je reviens à ce blog, aussi…
Je n’ai pas perdu le poids que je voulais, j’en ai même repris, j’ai l’impression d’avoir gâché cinq
ans de ma vie. Je me déteste toujours autant, je n’arrive pas à faire autrement, porter un regard sur mon reflet un peu plus complaisant. Je ne voudrais pas sombrer à nouveau, parce que non, je
ne vomis plus, je ne compte plus, je ne suis plus obsédée par les calories.
Mais je voudrais être une autre. Une jeune fille, grande et belle, mince. Dont mes
parents et mon frère seraient fiers. Dont F. serait fier, et aimerait chaque jour un peu plus.
J’aimerais me dire que c’est comme ça, que je dois m’habituer à ce corps que je
hais. Cinq ans ne m’ont pas aidé.
J’aimerais juste être une autre, être complètement différente. Je réalise que mon poids a
toujours été associé à un sentiment de gêne : je trouvais toujours que je prenais trop de place. Physiquement bien sûr, parce que je me cogne partout, je ne rentre que dans des tailles de
plus en plus grandes, et je vois le chiffre de la balance augmenter, indéfiniment. Mais, « moralement » aussi : je dérange, je « fais chier », j’exaspère tout le monde,
même quand je m’excuse, me transforme en carpette pour me faire pardonner, oublier…
Je crois que mon appartement est trop petit pour héberger à la fois ma
conscience et mon corps. Et je hais ce reflet, je me maudis d’avoir, il y a quelques temps, pensé qu’il pouvait être acceptable. Je me hais, je me hais, je me hais. Je ne plais à personne, ni à
moi, ni à mes parents, ni même à mon petit ami. Mon cher, mon tendre, mon adoré. Je me sens rejetée, même de lui. De toutes parts, on m’assure que c’est moi, que je vois le mal partout, que les
gens n’ont pas le même avis.
Mais non, mon corps est indigne, impur, tout juste bon pour que je sois alpaguée à
Paris, Gare du Nord, un samedi matin à 8h… Tout juste bonne pour qu’un cinglé m’attrape par le bras, tente de m’entraîner je-ne-sais-où, et s’enfuie à l’arrivée des flics. Je ne me suis même pas
débattue.
J’aimerais juste être le trésor de quelqu’un. Qu’une personne sur terre, Toi mon amour, me voit
réellement comme une princesse.
Qui pourra m’aider à m’aimer, rien qu’un peu ? J'ai besoin d'un bras pour me rattraper, avant de sombrer...