Sept mois que moi, je n'ai pas pu goûter à ses lèvres, et sentir sa chaleur se répendre sur mon corps.
Sept mois.
Lili tu avais tort, je suis belle et bien seule.
J’ai envie de parler. Oui, là tout de suite. Alors bien sûr, je pourrais me confier à B. . Mais non, là j’ai envie de parler de trucs inutiles, trucs de filles. Pour ces choses là, je me dirige naturellement vers mon blog, parce qu’à part Lili ici, je ne connais personne. Donc on est trop des oufs, on met des lunettes roses girly, et on se lance.
Niveau alimentation, aujourd’hui ça peut aller. Médiocre, mais pas désastreux. Ce midi, un peu de viande
et un peu de riz. Ce soir, deux œufs. Et une part de tarte. Ouch, un désastre tout compte fait. Mais j’aurais – 4 avant la fin de ce mois, coûte que coûte.
Hier, avant d’aller au code, j’ai fait quelques magasins. J’en suis juste revenue avec un t-shirt. Une marinière, mais à rayures rouges. Une marinière qui, comme pour Pénélope je suppose, me vaudra des remarques sur la ressemblance avec Charlie. M-D-R.
Je voulais que la vendeuse me conseille pour une ceinture. Mais c’était sans compter l’amabilité de celle-ci quand il n’y a pas marqué « pigeon » sur le front des clientes. Alors je suis revenue sans ceinture. A mon retour évidemment, ma procréatrice chérie à voulu le voir. Ju lui a voulu que je l’essaye. Petit passage devant le miroir. Ouai, ce n’est pas super. J’ai 10 minutes avant que la webcam fonctionne. Alors je me suis démaquillée, j’ai enfilé la marinière, je me suis recoiffée, et je me suis remaquillée : smoky eyes & lèvres rosées. Pour avoir l’air potable, il fallait un collier quand même. Bon, pas un truc trop près du cou. Et mon seul vrai sautoir, il le connaît. J’ai attrapé une chaînette (mon « faux » sautoir, achetée au mètre dans un magasin d’arts créatifs). Trop simple, alors j’ai rajouté le cercle « London » du porte-clefs que je n’ai jamais réparé. Ouai ça passe. Evidement, cette tenue irait mieux avec le slim et mes chaussures noires. Mais bon, le premier est au sale, les deuxièmes dans le garage, il est minuit… On verra un autre jour. Elle est un peu longue tout de même, alors tant pis si elle n’est pas terrible, j’ai rajouté la ceinture de Mom, qui s’est avérée parfaite. Je suis passée devant le miroir, et il s’est produit comme un déclic. J’avais fait un petit effort, mais je crois qu’il en valait la peine. J’arrivais à placer un nouveau mot sur ce reflet. Ce n’était pas le « potable » occasionnel. C’était un mot que je n’avais jamais osé m’attribuer : « jolie ». Oui, j’avais l’impression de rentrer dans le moule. Subjectivement hein, parce que pour y rentrer vraiment dans le moule, j’ai 8 kilos de trop. Je me suis sentie fière de moi.
Du coup aujourd’hui, ça allait un peu mieux.
Mon cœur se serre, et j'ai le sentiment que mes artères rétrécissent. C’est peut-être l’adrénaline, ou bien la peur. La peur de tout perdre, LE perdre. Parce que je le vois bien, que son regard se détourne de moi. Je vois aussi qu’il se lasse de tout, de mes humeurs, mon caractère, mes caprices. Je ne suis plus une princesse, mon carrosse est redevenu citrouille. Et le prince en a eu assez d’attendre, il a laissé se briser la pantoufle de verre. Plus j’écris et plus mon cœur se resserre, les mots sont durs, douloureux. Je doute de lui, de moi, de nous. Alors je me dis que c’est la distance, que c’est parce que cela fait une éternité que nous ne nous sommes pas vus. Je me dis que dès que je serais dans ses bras, tout redeviendra comme avant. Et si ce n’est pas le cas, je me laisserais mourir, comme Juliette, abandonnée par son Roméo. Je n'en peux plus, de cette solitude.
* taken by my mom & dad during their USA trip *
Il faut que je me reprenne en main. Mon état devient horrible, et ne fait qu'empirer. Le chiffre sur la balance augmente, lentement mais surement. Je ne veux plus me peser, ne pas croire ce qu'affiche la balance, descendre puis remonter, me rendre compte que oui, je fais bien 67 kg. C'est drôle, parce qu'en soit, ce nombre n'est pas horrible. 67, non, 67 n'est pas « énorme». Imaginons,qu'en ôtant les cheveux de ma brosse je les compte: 67. Oui, c'est peu. Ou encore, 67 personnes portant des converses dans mon lycée. 67 g, le "poids net" de mon pot de nouilles chinoises, celui qui me sert de pot à crayon (seul chose véridique jusqu'à maintenant). Mais quand on ajoute l'abréviation "kg" après ce chiffre, il représente immédiatement beaucoup plus. "Kilogrammes". Ce mot, ces lettres mises les unes à la suite des autres me paraissent grasses. Oui, grasses, comme moi. Je m’empiffre à longueur de temps, je n’ai plus aucune motivation. Je ne vois plus pourquoi, comment ; mon frère est toujours là, je ne peux jamais vomir. Il y a de cela une dizaine de minutes, j’ai voulu faire un peu de sport. Je savais que je ne pourrais pas courir le marathon, mais quand même ; je n’imaginais pas peiner à aligner deux pauvres malheureuses séries d’abdos. Pitoyable, oui, c’est un mot qui me qualifie parfaitement. Je veux maigrir, mais je me rends compte que depuis un certain temps, je croyais naïvement que « ça viendrait tout seul ». Je ne vous fais pas de dessin, le réveil est brutal : 67 kg, des bourlets, des cuisses monumentales, des bras de camionneurs, et le moral au plus bas. Alors je me dis que je vais me reprendre, je repousse mes objectifs, comme depuis un peu plus de trois ans déjà. Je m’approche petit à petit - et de plus en plus - de mon poids de départ. Mais je crois que comme à chaque fois, je laisserais tomber. J’abandonnerais, je repousserais de nouveau mes objectifs. « Oh, mais j’ai le temps ». Oui c’est sur, on a toujours le temps d’être une ogresse. Et comme personne ne dit rien, comme tout le monde se complait dans l’hypocrisie, je ne suis pas poussée à le bouger, mon tas de graisse. Dès que je commente mon poids, mes « formes », devant des gens initiés ou non, j’ai le droit à de beaux « mais non tu exagère », « tu es très bien comme tu es ». Je suppose que ces phrases, vous les connaissez déjà ; ce refrain qui tourne dans la bouche des gens de nos entourages, qui jalousent nos efforts et bénissent nos reprises de poids. D’un autre côté, je ne vais quand même pas accuser les autres d’être responsable de mon problème de poids, je suis responsable de mon assiette. Je les méprise juste de ce gavage qu’ils veulent m’imposer. Non, je n’ai besoin de manger chez personne, et ça ne me dérange absolument pas de manger mon bento toute seule, dans le magnifique parc près du lycée (avec petite rivière, & enclos avec des animaux). Demain : mâches et poivrons, avec une vinaigrette qui porte bien son nom : 2 cuillère de vinaigre balsamique, un peu de moutarde, un peu de curry, et c’est tout. Et un morceau de pain : ce n’est jamais pour moi, mais pour les canards (trouvez moi ridicule si vous voulez, je trouve les animaux agréables, et les canards me font rire).
Je vais donc essayer de réappliquer à mon comportement quelques règles simples :
-boire beaucoup d'eauJe me doute que vous n’en avez rien à faire, je ne suis pas si stupide. C’est plus une sorte de mémento, pour ne plus oublier, ne plus céder.