Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 21:14

J’ai l’impression d’avoir un gouffre, à l’intérieur de mon ventre. Un gouffre qui ingurgite chaque once de nourriture qu’il peut. Un gouffre qui commence à m’avaler, moi, moi sans qui il n’existerait pas. Je me sens, littéralement, comme aspirée de l’intérieur. Tout me ronge, m’envahit, me dévore, me digère avant de peut-être un jour me laisser en paix. Ana, Julien, Papa… Et l’impression que je ne m’en sortirai jamais.

 

                Je ne parle plus pour grand monde, ici, à part pour moi, Lili, et quelques visiteurs perdus que Google a fait échouer ici. Ce blog est presque redevenu le repère secret qu’il était à ses débuts. J’ai fait une crise, aujourd’hui, en dévorant en une seule fois le plat que j’avais préparé pour qu’il me nourrisse pour trois repas. Alors, j’ai vomi. Plus difficilement, plus douloureusement qu’avant. Et, pour la première fois depuis longtemps, je n’ai pas été fière. J’ai eu honte, même. Honte de voir que c’est mon sang qui affleurait sur mes lèvres. Honte de voir que ce sont mes tripes qui se noyaient dans les toilettes. Honte de voir que je n’ai pas été capable de tenir une promesse. Honte de réaliser que mon père n’aura jamais connu la petite fille idéale qu’il rêvait d’avoir. Car finalement je n’aurais jamais été, de son vivant, cette petite fille puis cette jeune femme féminine, portant du rose, bien coiffée, parlant doucement d’une voix claire, bien habillée. Je caricature, mais non, il aura connu cette enfant devenant grosse à l’âge de 6 ans, puis ce garçon-manqué qui perdurera jusqu’au collège, puis cette ado incapable de s’habiller, puis plus rien…

 

                Mes études de droit me laissent à penser qu’un jour, je serais avocate, magistrate, cadre… Et alors je m’imagine, fine, belle, bien habillée. C’est cette personne là que j’aurais voulu qu’il connaisse.

 

                A quoi servirait-il de répéter que je me sens grosse, laide, débordant de toute part, affreuse. A rien. Mais revenir chaque jour un peu plus sur ce blog me fait réaliser à quel point je resaute à pieds joints dans ce monde qui n’a jamais cessé d’être le mien.

 

                Etrangement, chaque réminiscence de l’anorexie me redonne envie de fumer…

 

Par Met-Ana-Morphose
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 18:54

                J’ai l’impression de tomber, encore et toujours dans un puits sans fond. Il y a un mois, mon père est décédé. Je me retrouve avec un vide indéfinissable à combler. Je ne me suis toujours pas débarrassée de mes « problèmes ». Anorexie, déprime, Julien, tout est toujours là, bien présent. Je vois un psy, à ma fac.

 

                Etant redevenue grosse, je suis redevenue transparente, invisible. Je suis redevenue la fille que l’on bouscule sans même s’en apercevoir, cette ombre que tout le monde ignore. Alors je flotte, de jour en jour, de nuit en nuit passées à regarder chaque détail de mon plafond faute de trouver le sommeil, de semaine en semaine à attendre quelque chose. Je patiente, j’attends ce que je ne saurais même pas définir.

 

                Après un an à Lille, j’ai de nouveau atteint et même un peu dépassé le poids par lequel tout à commencé. Je me suis donc mise au régime, avec de vrais conseils prodigués par une diététicienne. Ca n’a pas fonctionné, je m’ennuyais dans mon assiette. Alors, depuis peu, je m’astreins à ne pas dépasser les 1000 kcals par jour. Si je veux manger sucreries et gâteaux, je me dis que je peux, mais que je devrais quand même ne pas dépasser ce seuil. Alors je ne le fais pas, je ne prends plus de petit-déjeuner, je mange presque normalement le midi, et le soir je me contente d’une soupe. J’ai perdu quatre kilos. Misérable chiffre sur la balance, qui diminue bien moins vite qu’avant. Mais j’avais promis de ne plus dégénérer…

 

                Je n’ai pas pu m’empêcher de me faire vomir, deux fois en un mois. Je m’en suis voulue, mais j’ai à nouveau ressentit cette fierté stupide de se dire qu’au moins, je suis capable de me prendre en main.

 

                Pourtant, je ne suis plus seule, j’ai Florent, toujours là quand j’en ai besoin. Il dit que je lui plais, qu’il faudrait que je me voie avec ses yeux, et qu’alors enfin je me trouverais belle. Comment y arriver, alors que lui-même n’arrive pas à définir précisément ce qui lui plaît chez moi, qui me répond sans cesse que « c’est ma personne en général ». Comment arriver, quand je me tiens droite devant le miroir, à trouver ce ventre beau, alors qu’il dépasse de tous mes vêtements ; à trouver ces cuisses belles, alors qu’elles frottent inlassablement l’une contre l’autre ; à trouver cette poitrine belle, alors que ma seule envie est de la voir disparaître.

 

                J’ai tellement hâte de redevenir « comme avant »…

Par Met-Ana-Morphose
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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 11:44

                Je crois que je replonge…

                Je mange moins, et de moins en moins. J’ai imprimé des photos « thinspo », que j’ai collé sur mes placards ; alors que je ne l’avais jamais fait avant. Des photos de célébrités, mais aussi de moi. De moi avant. De moi, durant cet été béni de 2009, où je pesais 58 kilos. Je regarde ces photos, je ne fais que ça. J’avais le ventre plat, vraiment plat ; alors que je ne m’en rendais même pas compte. Je n’avais ni double-menton, ni graisse au niveau des bras. J’avais des cuisses relativement fine, et je n’étais pas encombrée par ma poitrine comme je le suis aujourd’hui. Je refais du sport, alors que j’avais totalement arrêté. Je me suis rappelé que si j’avais pu acquérir ce ventre si plat, c’est parce que tout les soirs, je faisais une demi-heure d’abdominaux sans m’arrêter. Je m’y suis donc remise, et j’enchaine très difficilement deux séries de vingt. Mais ça reviendra je le sais, j’ai confiance. J’ai acheté une « brosse minceur », chez Sephora. Je m’en sers deux fois par jour, pendant presque une demi-heure. Je sais que c’est trop, qu’autant de temps est inutile, mais c’est psychologique.. Puis je termine en me passant les jambes sous l’eau glacée, parfois jusqu’à cinq minutes. Ce n’est pas agréable, ça brûle et gèle en même temps, mais je ne le ressens presque plus. L’envie d’être belle est plus forte que tout. J’ai passé une commande sur E.L.F., pour acheter des pinceaux et quelques vernis à ongles, histoire de me reprendre en main.

                Le matin, je mange un bol de flocons d’avoine avec du lait, et une pomme. Le midi, des féculents avec deux tomates, et parfois un œuf. Le soir, de l’eau chaude avec un cube de « Kubor ». Je sais que c’est mal, que ce n’est pas assez, mais j’ai tout autant l’impression que c’est déjà beaucoup trop.

Par Met-Ana-Morphose
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Dimanche 8 mai 2011 7 08 /05 /Mai /2011 22:09

                Je ne sais pas pourquoi, mais je pense toujours autant à Julien. Les examens approchent, et je n’y pense que toujours plus. Je dors de moins en moins, les cachets redeviennent la solution de facilité. Je puise sur les réserves accumulées l’année dernière, quand je ne prenais pas ce qu’on me prescrivait. Mais malheureusement, celles-ci s’amenuisent de plus en plus.

                Je me dis que c’est le fait d’avoir passé la première année, le 25 janvier. Mais depuis, pourquoi la cicatrice ne s’est-elle pas refermée ? Pourquoi j’ai toujours mal, pourquoi j’y pense ?  A Lille, personne ne le sait. Parfois, je rêve que toutes les personnes que je connais dans cette nouvelle ville se regroupent, m’encerclent, me pointent du doigt et me traitent de meurtrière.

                Je suis seule, désespérément. Sur les conseils d’un ami, je vais aller voir un psychiatre. Retour à la (presque) case départ. Retour aux durs moments durant lesquels il faut se présenter, expliquer pourquoi l’on vient. Se dévoiler à un inconnu, parler, parler pour ne rien dire, en dire trop quand même.

 

 

______________________

 

 

                Je me rappelle ta voix, ton odeur, ton souffle, ta taille, tes cheveux. Je me rappelle les menaces, et les pleurs le jour où je t’ai quitté. Je me rappelle la culpabilité et la peur que tu passes à l’acte. Je me rappelle l’agacement que ta voix me procurait. Je me rappelle ta voix, encore, ce dernier jour. Je me rappelle ton dernier mot, « je t’aime » ; puis les coups de fils frénétiques pour joindre la gendarmerie de ta région. Je me rappelle l’agent, blasé, qui me disait avec son accent du sud que tu faisais ça pour m’effrayer. Je me rappelle moi, criant que ce n’étais pas ton genre, hurlant ma détresse. Je me rappelle le retour chez mes parents, moi expliquant tout à ma mère alors que leurs amis étaient encore dans la pièce d’à côté. Je me rappelle les appels de la police, qui avaient enfin réagit quand c’était ton père qui les avait contacté. Je me rappelle la voix de l’agent, à nouveau, un autre qui paraissait me désigner comme la seule coupable. Je me rappelle la nuit, blanche, longue, douloureuse. Je me rappelle le départ pour le lycée, puis mon téléphone que je voyais sonner toute la matinée. Je me rappelle, 12h13, heure à laquelle j’entendais le message de ton père qui me disait que c’était fini. J’ai pleuré, et j’ai crié. J’ai appelé Kiéran, pour lui dire que je ne viendrai pas en cours cet après-midi.  Je me rappelle la gendarmerie de mon département, la longue attente dans ce local gris et froid, puis l’interrogatoire, et le procès verbal. Puis, plus rien. Mon frère, qui m'emmène discuter. Les heures passées sous la couette. Le lendemain sans aller en cours. Le mercredi y retourner. Partir en courant du cours d'EPS. Ne pas répondre aux cris des élèves et du professeur. Vouloir partir à mon tour...

 

 

Pardonne-moi.

Par Met-Ana-Morphose
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Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 18:20

Je n'en peux plus. Je suis énorme. Je suis grosse. Je suis 69 kilos de merde à l'état pur.

 

J'ai accompagné une amie qui voulais faire les magasins. Résultat, je me hais d'avantage.

 

Par Met-Ana-Morphose
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