Je me rends compte, peu à peu, de la futilité de ce journal. Ce matin, je me suis demandé pour quelle(s) raison(s) devrai-je continuer à le tenir. Pour moi, peut-être, parce qu'il me soulage. Mais je pourrais le continuer "en cachette", et arrêter de tout dévoiler ici. Pour ne plus jamais recevoir d'horribles messages comme celui qu' "Ana" m'a envoyé, qui blessent. Cependant, j'aime le contact que j'ai avec certaines "lectrices". Lili, évidemment, qui n'est pas une quelqu'un qui me lit, mais quelqu'un que j'aime, qui est toujours là pour moi, et à qui j'essaye de "renvoyer l'ascenseur". Parce que je l’aime, et qu’elle compte énormément. Mais parfois, je me demande si mes mots ne deviennent pas stupides : ce qui m’effraie, c’est qu’on puisse comparer mon blog à celui d’une gamine, qui raconterais sa vie, style je-suis-trop-dans-ma-crise-d’adolescence. Je crois qu’à ce stade, je ne suis plus une gamine. Bien sur je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas : une adulte. « Not a girl, not yet a woman ». Mais quand même. En attendant d’arrêter, définitivement, je continue de déballer ma vie ici.
Je suis en train d’essayer de faire le bilan de ma journée. Je suis arrivée dans le couloir, devant ma salle, à 7h30. Ma prof de mathématiques est arrivée à peu près en même temps que moi, nous avons donc discuté en « tête à tête » pendant environ un quart d’heure. C’est peu et beaucoup à la fois ; elle m’a posé des questions (avenir, orientation etc. …), elle m’a écouté. Sérieusement, elle est géniale. Puis une heure de maths, donc, et des remarques des mes « camarades », sifflées entre leurs dents, tels le serpent du Livre de la jungle. Dans ma classe, mon lycée, ma ville. Partout où je passe, j’ai l’impression qu’être « cultivée » (au sens le plus bas du terme, c'est-à-dire avoir lu plus qu’Asterix et Tom-tom et Nana dans sa vie) est un défaut, une tare. Je suis un monstre à leurs yeux : je fais mes devoirs, je réponds aux questions, je participe, j’ai des notes correctes ; et en plus, je suis grosse et laide. Je vois le regard de certaines de ces filles, qui voudraient me piétiner de leurs talons. Mais ils ne me blessent pas en ce moment, et ça reviendra bien assez tôt. Après ça, une heure d’espagnol, à continuer de visionner Volver (<3). Puis deux heures de philosophie, à mourir d’ennui et d’incompréhension. Une heure à « manger » chez B. (l’ex prof de français devenu ami). A mon départ, il m’a dit quelque chose qui m’a profondément blessé, même si je sais que ce n’étais pas son intention. « Ne te tracasse pas pour des choses qui n’en valent pas la peine »… Parlait-il de J. ? S’en sont suivi deux heures de d’S.E.S., puis une d’E.C.J.S., là encore critiquée, par messes basses, car j’étais la seule à prendre des notes pendant le visionnage de documentaires. Je suis sortie en courant de cette salle, pour évacuer. Mais je n’allais pas mal, malgré les réflexions, le « conseil » de B., et tout le reste. Je me sentais juste oppressée, et j’avais un grand besoin de respirer librement, sans entrave. Je suis donc montée en ville, et j’ai fait les magasins. Rien de bien «girly », pas de vêtements à l’horizon. J’ai commencé par la FNAC, où j’ai cherché un livre de cuisine, discuté avec la charmante vendeuse, une des rares à sourire. Sa bonne humeur était contagieuse, je crois. Pareil pour la dame du magasin de produits à base d’olive. Souriantes, douces. Honnêtement, ma ville (son centre-ville) est magnifique. Et elle l’était encore plus ce soir, avec à 17h30 le soleil couchant d’automne. Je me suis donc rentrée dans mon petit village, pour en ressortir pour mon cours de guitare. J’ai appris une nouvelle chanson, qui change de mes morceaux de classique.
Walk away…
