C'est pas moi qui le dit...

"Parlez-moi des 25% de jeunes filles en surpoids, ensuite on parlera des 2% d'anorexiques."

 Karl Lagerfeld


(Thanks man...)
Vendredi 6 novembre 2009

Je me rends compte, peu à peu, de la futilité de ce journal. Ce matin, je me suis demandé pour quelle(s) raison(s) devrai-je continuer à le tenir. Pour moi, peut-être, parce qu'il me soulage. Mais je pourrais le continuer "en cachette", et arrêter de tout dévoiler ici. Pour ne plus jamais recevoir d'horribles messages comme celui qu' "Ana" m'a envoyé, qui blessent. Cependant, j'aime le contact que j'ai avec certaines "lectrices". Lili, évidemment, qui n'est pas une quelqu'un qui me lit, mais quelqu'un que j'aime, qui est toujours là pour moi, et à qui j'essaye de "renvoyer l'ascenseur". Parce que je l’aime, et qu’elle compte énormément.  Mais parfois, je me demande si mes mots ne deviennent pas stupides : ce qui m’effraie, c’est qu’on puisse comparer mon blog à celui d’une gamine, qui raconterais sa vie, style je-suis-trop-dans-ma-crise-d’adolescence. Je crois qu’à ce stade, je ne suis plus une gamine. Bien sur je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas : une adulte. « Not a girl, not yet a woman ». Mais quand même. En attendant d’arrêter, définitivement, je continue de déballer ma vie ici.

Je suis en train d’essayer de faire le bilan de ma journée. Je suis arrivée dans le couloir, devant ma salle, à 7h30. Ma prof de mathématiques est arrivée à peu près en même temps que moi, nous avons donc discuté en « tête à tête » pendant environ un quart d’heure. C’est peu et beaucoup à la fois ; elle m’a posé des questions (avenir, orientation etc. …), elle m’a écouté. Sérieusement, elle est géniale. Puis une heure de maths, donc, et des remarques des mes « camarades », sifflées entre leurs dents, tels le serpent du Livre de la jungle. Dans ma classe, mon lycée, ma ville. Partout où je passe, j’ai l’impression qu’être « cultivée » (au sens le plus bas du terme, c'est-à-dire avoir lu plus qu’Asterix et Tom-tom et Nana dans sa vie) est un défaut, une tare. Je suis un monstre à leurs yeux : je fais mes devoirs, je réponds aux questions, je participe, j’ai des notes correctes ; et en plus, je suis grosse et laide. Je vois le regard de certaines de ces filles, qui voudraient me piétiner de leurs talons. Mais ils ne me blessent pas en ce moment, et ça reviendra bien assez tôt. Après ça, une heure d’espagnol, à continuer de visionner Volver (<3). Puis deux heures de philosophie, à mourir d’ennui et d’incompréhension. Une heure à « manger » chez B. (l’ex prof de français devenu ami). A mon départ, il m’a dit quelque chose qui m’a profondément blessé, même si je sais que ce n’étais pas son intention. « Ne te tracasse pas pour des choses qui n’en valent pas la peine »… Parlait-il de J. ? S’en sont suivi deux heures de d’S.E.S., puis une d’E.C.J.S., là encore critiquée, par messes basses,  car j’étais la seule à prendre des notes pendant le visionnage de documentaires. Je suis sortie en courant de cette salle, pour évacuer. Mais je n’allais pas mal, malgré les réflexions, le « conseil » de B., et tout le reste. Je me sentais juste oppressée, et j’avais un grand besoin de respirer librement, sans entrave. Je suis donc montée en ville, et j’ai fait les magasins. Rien de bien «girly », pas de vêtements à l’horizon. J’ai commencé par la FNAC, où j’ai cherché un livre de cuisine, discuté avec la charmante vendeuse, une des rares à sourire. Sa bonne humeur était contagieuse, je crois.  Pareil pour la dame du magasin de produits à base d’olive. Souriantes, douces.  Honnêtement, ma ville (son centre-ville) est magnifique. Et elle l’était encore plus ce soir, avec à 17h30 le soleil couchant d’automne. Je me suis donc rentrée dans mon petit village, pour en ressortir pour mon cours de guitare. J’ai appris une nouvelle chanson, qui change de mes morceaux de classique.

Walk away…

 

 

 

 

Par Met-Ana-Morphose
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Jeudi 5 novembre 2009
Il est temps que ce blog reprenne de la contenance, un peu. Je vais tenter de faire des articles plus régulièrement, même si personne ne le réclame. Grâce à Lena, dont les mots sont tellement justes, je me suis surprise à rêver, toute la journée. C'est drôle. Je me suis remise à mes trois tasses de thé et deux de café quotidiennes. Je me suis remise à manger des fruits et des légumes, et uniquement cela. Je me suis remise à travailler, aussi, en partie. J'ai envie de peindre, de dessiner. De me remettre à la couture, surtout.


Rien de plus ce soir, je crois.





La musique aussi, c'est pour Lena.
Par Met-Ana-Morphose
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Jeudi 5 novembre 2009

Je suis arrivée dans ma chambre, ce lundi vers 18h00. Son parfum embaumait encore la pièce, grâce au déodorant pulvérisé juste avant de partir sur mon lit, sur son gilet, mes oreillers. J’avais pris soin de fermer la porte afin que l’odeur reste. Trop d’émotions me sont montées à la tête, en même temps. Cela faisait une heure qu’il était parti, par le train de 16h57. Une heure pendant laquelle ma mère, qui nous avait emmenés à la gare, m’avait trainé de force dans un magasin. Pas bête, la maternelle, elle a su m’éviter la crise qui, à chaud, aurait été encore plus difficile. J’arrive donc dans cette pièce, ma chambre, notre chambre, que je ne reconnais qu’à moitié. Son odeur imprègne les lieux, donc, mais Lui aussi. Je revois son sac  qui trôna devant ma commode quatre jours durant et son pyjama, plié avec le mien et rangé sous un oreiller.  J’ai tourné sur moi-même, en me demandant pourquoi. Je me suis déshabillée, j’ai allumé l’ordinateur portable que j’ai posé sur la couette, avant de m’y glisser dessous. J’ai attrapé son gilet, je l’ai posé sous mon nez ; j’ai ouvert Firefox et ai lancé un épisode de Bleach.  Bleach parce que c’est Lui qui m’a fait découvrir ce manga, que l’opening des premiers épisodes me fait toujours craquer, et que je l’avais prévu. M’enfermer dans cette histoire m’a aidé à moins criser, j’ai pensé à autre chose. Un peu…

Sincèrement, ces quatre jours furent parmi les meilleurs que je n’ai jamais vécus. Je ne sais pas comment décrire ce bonheur permanent qui m’a envahi le temps d’un week-end prolongé. Le retrouver fut comme un électrochoc, et au bout de huit mois, j’en avais bien besoin. J’avais la sensation de dépérir, de n’avoir plus aucun moteur. Nous nous étions disputés il y a peu, ce qui m’avait perdre espoir, en partie. Je pourrais dire tout ce que je pense, crois et espère. Mais je ne veux pas avoir des réflexions comme « tu dis ça mais tu vas changer », « vous êtes jeunes vous avez le temps », etc. …

Il est donc venu à la maison, pour la deuxième fois. J’ai encore eu du mal à oser demander à mes parents, mais cette fois la réponse fut beaucoup moins « désagréable » : ça n’avait pas du tout l’air de les déranger. Mais la question des chambres séparés n’avait pas été ré-abordée, et je pensait qu’il était clair que c’était impossible. Mais à ma grande surprise, Maman en a parlé vendredi, pendant que je me préparais, et m’a dit qu’elle comprenait qu’on veuille passer les nuits ensemble. Papa n’était pas au courant, elle mettrait mon frère, avec qui je devais dormir, au parfum. La réalité se transformait en rêve, peu à peu.

 

Bizarrement, mardi, le lendemain de son départ, la pluie s’est abattue sur ma maison, ma ville.

Mon rayon de soleil est bel et bien parti.

 

 

 

PS : Désolée Lili de cracher tout ce « bonheur », mais j’en avais besoin. J’espère que ça ne te fera pas trop mal. Je t’aime ma belle.

Par Met-Ana-Morphose
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Dimanche 25 octobre 2009




Les articles se succèdent mais ne se ressemble pas. J'enchaine les périodes de grosse loose et celle de motivation extrême. Là, c’est le second cas. Je dois admettre avoir été trop pessimiste : nous sommes le 25, et Il va bel et bien venir. Plus longtemps que les fois précédentes, il va dormir à la maison, donc  tout va bien. Les retrouvailles tant attendues, huit mois après.  Je ne sais pas si c’est l’âge qui veut ça, mais je n’arrive pas à ordonner mes pensées. Tout est confus, et j’ai de plus en plus de difficultés à m’y retrouver.  Ce dont j’aurais besoin, c’est de quelqu’un à qui je pourrais TOUT dire. Mais un vrai « tout ». De A à Z, plutôt que d’éparpiller les informations. Marine, Lili, Lui, Bogdan. Non, Lui sait tout. Mais la peur que j’ai de « l’emmerder avec mes conneries » gâche tout.  Alors je me retiens, je me confie moins. J’ai besoin de déballer mon sac, et libérer mon cœur de son étau.

Il y a James, qui me trotte dans la tête. James, le copain de ma grand-mère.  Ce salaud, cette ordure attirée par la poitrine naissante d’une gamine. Et moi, ne comprenant pas vraiment sur le coup, je refusais de la lui montrer et lui tirait la langue. J’ai longtemps fait abstraction de ça, pensant que ce n’était « pas grave ». C’est vrai quoi, j’entendais aux infos parlé de viol, et j’avais eu la chance de ne pas avoir à subir ça. Je ne devais pas me plaindre. Mais si minime soit l’expérience,  elle a eu l’effet d’une bombe à retardement. Elle a resurgit il y a quelques années, et me pourrit la vie. Elle fait de mes débuts de sexualité un cauchemar.  Elle me fait redouter ce sujet, entre amis comme avec mes parents.  Je ne supporte plus d’entendre parler de viols, ou de tout ce qui s’en approche plus ou moins. Je ne peux pas regarder certains films tout ce qu’il y a de plus normaux (je pense à l’un d’Hitchcock, Frenzy, où dès les dix premières minutes on y voit une femme se faire agresser), et la moindre allusion sexuelle à la TV, en présence de mes parents, me fait regarder ailleurs.

La gêne quant à la sexualité se montre aussi lors des questions que me posent certaines personnes. Je pense à l’une d’entre elle, M., une fille qui est dans ma classe depuis l’année dernière (première ES). Ce n’est pas une amie, ce n’est même pas une copine. Ensemble en cours, parfois, c’est tout. Elle me presse de questions à Son sujet, et c’est insupportable : « ah mais et comment vous faites ? Vous n’êtes pas trop en manque ? ». Je pense aussi à Vincent, le copain de Justine : « Ah mais t’as un copain ? Il a quel âge ? VINGT-QUATRE ANS ? Haha, en fait, B. elle aaaa pratiquééééeuh »… D’une maturité à toute épreuve. Alors non, « B n’as pas pratiqué, et elle n’en a pas envie ». Pas tout de suite, pas comme ça. Alors je baisse la tête, je rougis et je marmonne. Résultat je ne démentis pas, et ça me gêne.  Non, je n’ai jamais fais l’amour. Mais ca ne veut pas dire que niveau expérience, c’est zéro. Quand j’ai commencé à penser sexualité, je me suis dis que « je ferais l’amour d’abord, et le reste après ». C’est l’inverse qui s’est produit,  et je me rends compte que c’est mieux comme ça. Pour passer à l’acte, j’aimerais pouvoir le voir régulièrement. Qu’il se soit installé près de chez moi, ce qui est prévu, un jour. Je ne veux pas le faire, et risquer de ne pas le revoir pendant plusieurs mois. Je sais que je me sentirais « sale », abandonnée. Si je ne veux pas dire que je ne l’ai jamais fait, c’est à cause des jugements. Je sais ce que les gens, comme M. ou Vincent pourraient dire, penser. Ils ne pourraient pas comprendre qu’à 24 ans, alors que lui « bien sur » l’a déjà fait, il puisse se retenir aussi longtemps. Mais au contraire, c’est lui qui me pousse à attendre. Il accepte cette attente, il comprend. Et je sais que la plupart des garçons n’en feraient pas de même. Ce qui est effroyable, c’est cette sensation que j’ai. Quand je sous entends que je suis encore vierge, ce sont des regards, un ton qui change ; et instantanément, je me sens stupide, ignorante, mise à l’écart car c’est un drame de ne pas l’avoir fait à bientôt 17 ans. C’est une tare, c’est une honte, je ne suis qu’une sale coincée. Pourtant, ce n’est pas parce que l’on ne fait pas l’amour que l’on ne s’amuse pas pour autant. Mais je me rends compte du paradoxe de la chose : je dis avoir des « problèmes » à ce niveau, mais quand même faire des choses avec Lui. Justement, il m’a aidé, à accepter, à comprendre que ce n’était pas de ma faute, que le fait de ne pas avoir voulu comprendre immédiatement, le fait d’avoir tiré la langue dans des circonstances pareilles, le fait de ne pas avoir immédiatement prévenu ma grand-mère à son retour de courses, ne fait pas de moi une trainée.  Il a pris le temps de m’expliquer, de me faire comprendre qu’il n’était pas pressé. Il sait, il m’aide à me reconstruire et je lui en suis extrêmement reconnaissante.

Ensuite, l’anorexie. Evidemment comme chacune (chacun ?) le sait, il y a des hauts et des bas. Les sautes d’humeur sont fréquentes, pour ne pas dire perpétuelles. Ce qui me fatigue le plus je crois, c’est d’osciller entre boulimie et anorexie.  Je crois que je n’ai pas besoin de m’étendre sur le sujet. Bientôt trois ans et demi que tout a commencé. Il y a aussi eu les multiples périodes mutilations. J’en suis sortie, je crois. Maintenant, je regrette juste les cicatrices de mes cuisses, encore plus laides que les vergetures blanchâtres. Cependant, j’éprouver parfois un peu de nostalgie quant au mélange de fierté, de douleur jouissive et de remords que j’éprouvais. Je ne saurais pas expliquer pourquoi.

Je ne sais pas pourquoi je parle de tout ça. Ca fait du bien, c’est agréable. J’ai bien conscience que cet article est long, trop long. Peut-être que peu de gens le liront. Peut-être même personne. Et bien tant pis, au moins il m’aura été utile.

 

Avec tout mon Amour,

Met ‘

 

 

PS : Rien de classe dans le prénom de James, et rien à voir avec Bond. James prononcé à la française. Le J, le A comme dans « avion », le M et le E, et un S muet. Ca rend le prénom encore plus exécrable, cette insistance sur  le A, comme dans "connard".

Par Met-Ana-Morphose
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Jeudi 15 octobre 2009
Je n'ai plus les bons mots je crois, pour exprimer convenablement. C'est une sorte de nouveau déluge, et cette fois Noé ne m'as pas mis sur son arche. Je suis perdue à nouveau dans mes pensées, dans ma graisse et dans de nouvelles cicatrices. Il viendra, finalement. Mais à quel prix? Un besoin pressant d'en parler, de parler à quelqu'un. "Tout déballer", pourquoi mes parents réagissent comme ça, pourquoi nous nous sommes disputés, pourquoi j'ai peur, pourquoi je repose toujours les mêmes questions. J'ai peur de le dégouter, qu'il n'ai pas envie de moi, d'être moins bien que celles d'avant, peur de ne pas réussir, peur de me mettre à nu, autant physiquement et mentalement. C'est dur, surement. Aussi dur que de se voir entourer de gens si peu matures que j'ai l'impression d'être retombée en primaire: les mêmes moqueries, les vieilles blessures qui se rouvrent. Loi des séries ou pas, les "merdes" s'accumulent. Et je suis lasse de tout ça, j'ai juste envie qu'on m'oublie. Alors tant pis, je vais remettre au fond du placard les robes nouvellements sorties, les jolies chaussures et tout le reste. Redevenir transparente. J'ai juste envie qu'ils m'oublient.



 C'est douloureux.
Par Met-Ana-Morphose
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